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Thursday
5 December 2019
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G.   H.   P R U D' H O M M E

Sans atteindre la renommée d'un Rodin, son contemporain, le sculpteur Alexandre Falguière (Toulouse, 1831 – Paris, 1900) fut un maître révéré en son temps. On lui doit notamment Le Triomphe de la République pour l'Arc de Triomphe de la place de l'étoile à Paris et le Monument à La Fayette de Washington. Professeur à l'école nationale des Beaux-arts, il eut de nombreux élèves dont certains deviendront célèbres comme Antoine Bourdelle. Deux d'entre eux furent un temps « Capbretonnais » : George-Henri Prud'homme au début de sa vie car il naquit à Capbreton en 1873, et Clément d'Astanières à la fin de ses jours car il y vécut une vingtaine d'années jusqu'à son décès en 1918.

Si l'on connaît bien la vie capbretonnaise et les œuvres du comte d'Astanières conservées dans la ville où il est enseveli, on comprend aisément pourquoi George-Henri Prud'homme est plus qu'inconnu dans sa ville natale. Car la raison qui fit naître à Capbreton celui qui prendra rang parmi les meilleurs graveurs et médaillistes de la 1ère moitié du XXe siècle est que son père y fut nommé chef guetteur au sémaphore. Il est le dernier des cinq petits « Landais » — trois filles et deux garçons — de Jean-Henri Prud'homme et de son épouse Antoinette Pronier à avoir vu le jour près de l'Océan, entre 1866 et 1873. Georges-Henri fut baptisé le 19 février dans l'église Saint-Nicolas par le curé de la paroisse, l'abbé Jean Besselère, avec les prénoms de Georges-Justin, puisqu'il eut pour parrain Justin Thévenin, futur adjoint du maire Jean Larrat. Sa marraine, Elvina Hougas, était également capbretonnaise et dans les signatures des témoins de l'acte de baptême, on relève celle d'un Louis ou d'une Louise Prud'homme, peut-être un(e) aïeul(e) du baptisé. Seules les naissances des cinq enfants apparaissent sur les registres d'état-civil de la commune ; avant la naissance du premier, Marie-Césarine le 2 avril 1866, et après la naissance du dernier, Georges-Henri le 9 février 1873, aucun Prud'homme n'est mentionné, que ce soit parmi les nés, les mariés ou les décédés .

L'autre professeur de George-Henri Prud'homme aux Beaux-arts fut Alphée Dubois (Paris, 1831 – Clamart, 1905), sculpteur et graveur, médailleur à la Monnaie et dessinateur de timbres, grand prix de Rome en 1855. C'est lui qui le forma à la gravure de la médaille et du timbre-poste.

Artiste fertile et fécond, autant attiré par les thèmes académiques que par les modernes, George-Henri Prud'homme laisse une œuvre riche et variée dont nous ne pouvons donner que quelques exemples :

De nombreuses plaquettes en bronze représentant des scènes de genre : La Fileuse, Femme au printemps, Enfant à la pêche, Espoir, Recueillement, Veuves de marins (la plus connue), et puis celle qui parle au cœur de tous les Landais, intitulée Benedicite ou La paysanne des Landes (lointain souvenir du pays de l'enfance ?)

Une impressionnante galerie de portraits : Jeanne d'Arc, Molière, Watteau, Louis Pasteur, Edmond Rostand, Pierre Loti, Henri Poincaré, émile Combes, Gaston Doumergue, le maréchal Foch…

Des médailles commémoratives de grands évènements : le tricentenaire de l'édit de Nantes, la bataille de Verdun, la signature de l'armistice…

Vingt timbres entre 1923 et 1930 (19 à l'effigie de Louis Pasteur et une Semeuse) etc.

La médaille ne possède aucune valeur d'échange, c'est avant tout un objet d'art dont la fabrication ne répond pas seulement à des intentions esthétiques : elle véhicule un message, commémoratif, historique, politique ou religieux. Sa création requiert des talents spécifiques, ainsi que l'écrivait le Secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-arts, Quatremère de Quincy, dans la notice consacrée au médailliste Pierre-Benjamin Duvivier (6 octobre 1821) : « L'art de la composition des médailles consiste à réduire aux moindres termes chaque sujet, chaque action, chaque image, de manière à faire voir, non la partie insignifiante d'un tout, mais le tout clairement signifié par ce qui n'en est que la partie... De là pour l'artiste l'obligation de donner aux personnages, aux figures, la valeur de cette langue idéale dont ils deviennent les signes; et cette valeur consiste dans la noblesse des formes, dans la grandeur du style, dans l'énergie du caractère ».

Le « Capbretonnais » Georges-Henri Prud'homme ne fit pas autre chose.

 
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