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France Scandinavie
Wednesday
18 September 2019
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C.   K I E F F E R

Clément Kieffer est né le 12 juin 1881 à Varize, près de Boulay, où son père est venu s’installer comme instituteur dix ans plus tôt. Après ses études au petit séminaire de Montigny-lès-Metz, Clément s’inscrit en 1900 à l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg, où il subit l’influence du Berlinois Daubner et de l’Alsacien Auguste Commissar. C’est pour lui une ouverture sur le monde des arts dont les divers courants se croisaient dans la ville. En 1904, il part pour l‘Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, et y découvre l’impressionnisme et l’art de son précurseur Edouard Manet, alors très prisé en Allemagne. Clément Kieffer y acquiert une solide formation et le goût du travail précis.

Après un séjour à Raon-l’Etape, où Louis Geisler, maître de la papeterie des Chatelles, l’appelle pour illustrer le Chan Heurlin d’Albert Brondex, Clément Kieffer part en 1910 pour Paris et y rencontre le peintre Eugène Delécluse, qui avait ouvert un atelier rue Notre-Dame-des-Champs à Montparnasse ; il s’y familiarise avec des techniques qu’il utilisera plus tard, comme la gravure à l’eau-forte.

En 1914, la guerre vient interrompre l’expérience parisienne. Clément Kieffer veut s’engager dans l’armée française, mais, étant alsacien-lorrain, on ne peut l’accepter que dans la légion étrangère ; ulcéré, il décide de rentrer en Lorraine, où il est mobilisé dans l’armée allemande. En 1918, il parvient enfin à s’engager dans l’armée française, avec lesquelles il part en Rhénanie ; il est démobilisé en 1922 avec le grade d’adjudant.

Aussitôt rentré à Metz, il est nommé professeur de dessin à l’Ecole professionnelle de la rue de Verdun (l’actuel lycée Louis-Vincent), fonction qu’il exercera jusqu’en 1940. Il y assure également les cours du soir, et en même temps donne des cours au collège Saint-Clément et au noviciat de Peltre. En 1924 paraît enfin le Chan Heurlin, et l’année suivante Clément Kieffer participe à la fondation du Groupement des Artistes Mosellans. Le 25 octobre 1926 (il a 45 ans), il épouse Henriette Thiriot, fille d’un architecte et sculpteur, qui lui donnera deux fils.

Les années de l’entre-deux-guerres sont pour l’artiste une période faste. Il graver et peint des sujets dont il puise l’inspiration dans la vue rurale de la Lorraine. En 1932 paraît l’album Vieille Lorraine (24 gravures consacrées au village lorrain) ; deux ans plus tard, il exécute des gravures sur bois pour illustrer le célèbre Dictionnaire des traditions populaires messines du docteur Raphaël de Westphalen. En 1935, la ville de Metz acquiert 169 de ses pièces pour son musée. L’année suivante, à la demande du ministre des Postes et du maire de Metz Paul Vautrin, il réalise la maquette du timbre édité à la mémoire de Pilâtre de Rozier.

En 1945, année de son élection à l’Académie nationale de Metz, la ville fait appel à lui pour restaurer les tableaux des collections municipales ayant souffert de la guerre, particulièrement pendant les combats de novembre 1944, où le musée a subi des dégradations. Cinq ans plus tard, il est nommé directeur de l’Ecole des Arts appliqués, qui vient d’être créée.

Clément Kieffer meurt à Metz le 7 février 1964, à l’âge de 82 ans. Le 28 octobre 1965, Jean Morette, qui a été son élève, lui rend hommage à l’Académie nationale de Metz : « Clément Kieffer (était) l’artiste plein de talent, d’honnêteté et de modestie. Il était un graveur. La gravure est par excellence l’art franc, pur, sans tricherie… Clément Kieffer fut le plus humain (des graveurs lorrains), le plus sensible, le plus intime. Il a choisi d’humbles sujets puisés dans la vieille Lorraine paysanne et les a fixés pour toujours. Il se dégage de ses estampes une poésie à la fois grave et douce, teintée de la mélancolie qui entoure les êtres et les choses qui s’en vont.»

L’œuvre de Clément Kieffer est d’une importance considérable. Sa période créatrice s’étend sur une soixantaine d’années, aussi doit-on y déceler des époques différentes durant lesquelles évoluent l’inspiration et les formes d’expression. S’il ne dédaigne pas la peinture – on lui doit quelques beaux pastels – il est surtout connu pour ses gravures sur bois, sur acier, sur cuivre, au burin, à la mine de plomb, à l’aquatinte, à l’eau-forte : « C’est comme graveur, écrit André Bellart, qu’il a atteint le sommet de son œuvre. »

Parmi ses plus belles réalisations, on peut retenir Le moulin de Marly (eau-forte, 1929), Autoportrait (huile sur toile, vers 1931), Le grand saule (burin, vers 1935), Panorama de Metz (aquarelle), Louise la matelassière (pointe sèche, 1936), Lorry-lès-Metz (mine de plomb). Clément Kieffer a une prédilection pour les villages lorrains, les portraits et les célèbres saules, qu’il s’est évertué à représenter sous tous leurs aspects et auxquels, comme obsédé, il a consacré de nombreuses études.

 
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