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France Scandinavie
Sunday
22 September 2019
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C.   H E R T EN B E R G E R

Claude Hertenberger, peintre-graveur, est né à Paris en 1912 et décédé à Paris le 2 mars à l'âge de 90 ans. Après ses études secondaires et des études supérieures d’histoire de l’Art, il obtient un premier prix aux concours généraux de la Ville de Paris (1935) et une bourse de voyage de la Ville de Paris; puis il entre aux Beaux-Arts, où il obtiendra plusieurs prix; le voici pensionnaire de la Maison de l’Institut de France à Londres (1937). En 1942, il obtient le Premier Grand Prix de Rome de Gravure en même temps que Raymond Joly obtient le Premier Grand Prix de Rome de Gravure en médaille.

Mais il n’est pas question, à cette époque, d’aller à la Villa Médicis. C’est un autre voyage qu’il entreprendra, un peu plus tard, voyage dans les cellules de la Gestapo: Cahors, Toulouse, Compiègne… Le Libération interrompt heureusement le périple. Alors commence une carrière multiforme et suractive.

Hertenberger est professeur à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Dijon, membre des jurys de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, graveur du Ministère des P. et T. et mosaïste monumental, ce qui lui vaut de se mouvoir sur toute l’échelle de la création artistique, du timbre-poste aux vastes mosaïques (22 m² pour le lycée de la Baule 21 m² pour le groupe scolaire d’Auxonne, 36 m² pour le centre technique de Montereau, etc.) En dalles de verre sur beton, il crée des vitraux pour l’Oratoire de l’Evêché à Beauvais, pour la chapelle de l’hospice à Gentilly…

Il a le goût de la recherche des matériaux inattendus, tantôt rares et précieux pour enrichir des meubles de luxe, tantôt industriels pour des décorations monumentales (17m² de polyester gravé pour le carré du commandant sur le pétrolier Fabiola : 10 m² de peinture sur argent pour un foyer d’usine; 130 m² d’aluminium gravé pour la salle à manger de paquebot France).

On voit que le graveur, qu’il reste sans doute avant tout, se meut lui-même agilement d’une dimension à une autre. Il excelle au burin, à l’eau forte, et dans les techniques intermédiaires auxquelles il demande, là encore, pour l’estampe, une ‘matière’ imprévue. Illustrateur réputé de beaux livres, il se penche pour des bibliophiles français ou étrangers sur Ronsard, Ovide, les Dialogues de Platon ou Le bouc étourdi de Vialar.

Pour la Monnaie et, spécialement, pour les membres du Club de la Médaille, il a bien voulu graver une grande planche, de format Colombier (49 cm. Sur 73 cm), pressée sur Papier de Rives à la forme, et dont le tirage a été rigoureusement limité à 75 exemplaires numérotés.

Le Maître Decaris, dans ce même format, avait célébré, l’an passé, le façade de l’Hôtel des Monnaies et son environnement monumental (1). Claude Hertenberger entre dans les ateliers et célèbre les différentes phases du travail monétaire, depuis le feu jusqu’à la sortie des presses, en passant pas les ‘petites balances’ cela en présence d’une apparition allégorique qui tient un creuset de fonderie d’où s’échappent, comme d’une corne d’abondance, des espèces sonnantes et brillantes.

La technique composite de l’oeuvre intéressera comme participant de l’esprit de recherche propre à Hertenberger : il a utilisé tout à tour l’eau forte, le burin et des projections de résine, pour obtenir entre les blancs et les noirs un nancement lumineux du gris qui rendit, comme il le sentait, l’atmosphère d’une maison vivante et contrastée.